Les élections générales sud-africaines de 2019 ont lieu le afin d'élire les membres de l'Assemblée nationale d'Afrique du Sud, ainsi que ceux des assemblées provinciales des neuf provinces du pays.
L'Assemblée nationale procède peu après son élection à celle du président de la République, élu au scrutin indirect pour cinq ans. Le président sortant, Cyril Ramaphosa, à la tête du Congrès national africain au pouvoir, est candidat à sa réélection. Son prédécesseur, Jacob Zuma, a démissionné de ses fonctions le et ne pouvait pas être candidat pour un troisième mandat, la Constitution sud-africaine les limitant à deux.
Malgré un léger recul, le Congrès national africain remporte les élections et conserve la majorité absolue à l'Assemblée nationale ainsi que dans huit des neuf assemblées provinciales. Les Combattants pour la liberté économique enregistrent une nette progression, bien que l'Alliance démocratique conserve la deuxième place au niveau national, ainsi que la majorité à l'assemblée du Cap-Occidental.
À la suite de la victoire de l'ANC, Cyril Ramaphosa est reconduit à la présidence du pays le suivant.
Contexte
L'Afrique du Sud est dans une situation économique difficile : le chômage s'élève à près de 28 %, la croissance est faible et les inégalités raciales toujours importantes malgré la fin de l'apartheid. Le nouveau président Cyril Ramaphosa qui a remplacé en Jacob Zuma, empêtré dans un scandale de corruption, a mis l'accent sur le redressement économique du pays, première puissance industrielle d'Afrique.
Lors des élections municipales sud-africaines de 2016, l'ANC avait reçu 55 % des votes, soit un net recul par rapport à ses scores habituels. Les scandales liés à Jacob Zuma ont été mis en avant pour expliquer ce chiffre et les sondages donnent près de 62 % des intentions de vote à l'ANC depuis son départ,,,.
Mode de scrutin
La chambre basse du Parlement bicaméral d'Afrique du Sud, dite Assemblée nationale, est composée de 400 sièges pourvus tous les cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées, à raison de 200 sièges répartis dans neuf circonscriptions électorales de 4 à 43 sièges correspondant aux neuf provinces du pays en fonction de leur population, et de 200 sièges restants à pourvoir dans une circonscription nationale unique. Les résultats en pourcentages de voix donnent lieu à une répartition des sièges à la proportionnelle sans seuil électoral, selon la méthode du plus fort reste et quotient de Droop, puis selon la méthode de la plus forte moyenne pour les éventuels sièges restants.
Les électeurs, âgés de plus de dix huit ans, votent sur un bulletin unique pour le parti de leur choix. Les partis ont la possibilité de présenter une liste nationale ainsi que des listes pour les provinces, dites listes régionales, ou bien uniquement ces dernières. Dans ce cas, le total des sièges obtenus par un parti au niveau national peut être supérieur à celui obtenu par ses seules listes régionales. Des sièges sont alors pris dans le total des sièges nationaux pour être attribués à des candidats des listes régionales, de sorte que la répartition finale peut être différente du ratio 200/200.
Les assemblées des neuf provinces sont composées de 30 à 80 sièges pourvus selon le même mode de scrutin proportionnel à listes bloquées. Leurs membres élisent à leur tour pour cinq ans les exécutifs des provinces, ainsi que les membres de la Chambre haute du pays, le Conseil national des Provinces à raison de dix conseillers par province, dont obligatoirement le président provincial.
Sondages
Résultats
Assemblée nationale
Voix et sièges
Par circonscriptions
Conseil national des provinces
Législatures provinciales
Malgré la baisse de suffrages pour l'ANC, aucun changement n'a lieu dans les législatures provinciales. Le parti est reconduit dans les 8 provinces qu'il détenait auparavant, tandis que la DA est reconduite au Cap-Occidental.
Cap-Nord
Zamani Saul succède à Sylvia Lucas, tandis que l'ANC descend en-dessous de la barre des 60% pour la première fois depuis 1999.
Cap-Occidental
Alan Winde succède à Helen Zille, tandis que la DA recule légèrement.
Cap-Oriental
Oscar Mabuyane succède à Phumulo Masualle, tandis que l'ANC recule légèrement.
État libre
Sisi Ntombela est réélue, alors que l'ANC recule de manière importante, tout en conservant une majorité confortable. Ntombela démissionne en 2023, pour être remplacée par Mxolisi Dukwana.
Gauteng
David Makhura est réélu, alors que l'ANC parvient à sauvegarder sa majorité absolue par un siège. Il démissionne en 2022, pour être remplacé par Panyaza Lesufi.
KwaZulu-Natal
Sihle Zikalala succède à Willies Mchunu, alors que l'ANC perd 10 points. Zikalala démissionne en 2022, pour être remplacé par Nomusa Dube-Ncube.
Limpopo
Stanley Mathabatha est réélu pour un second mandat complet, alors que l'ANC recule légèrement.
Mpumalanga
Refilwe Mtsweni-Tsipane est réélue pour un mandat complet, alors que l'ANC perd 8 points.
Nord-Ouest
Job Mokgoro est réélu pour un mandat complet, tandis que l'ANC recule, mais conserve une majorité confortable. Mokgoro démissionne en 2021, pour être remplacé par Bushy Maape.
Réactions
Cyril Ramaphosa assure que son parti va tirer des leçons de ce scrutin et promet notamment de lutter contre la corruption, le chômage et la persistance des inégalités sociales et raciales. Le , il est reconduit à la présidence sans que le parlement n'ait recours à un vote, aucune autre candidature n'ayant été présentée contre lui.
Références
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